
“Antichrist”, nouveau film barré et corsé de Lars Von Trier, s’est fait étriper à la sortie de sa projection cannoise. Il en fallait un. Retour sur les réactions de notre bonne vieille presse française.
Cannes, comme toute cérémonie ringarde suivie par nos médias, c’est chiant à mourir. Tout les ans, les mêmes personnes, le même tapis rouge, les mêmes party avec des people canal plus, les faux buzz et surtout son film scandale…
Cette année, c’est à Lars Von Trier d’assurer cette mission avec sa roublardise habituelle. L’occasion pour les médias de dynamiser un peu leurs gros titres avec des trucs moins déjà-vus que Almodovar qui rend hommage à Hitchcock (original), Ken Loach qui fait du social (bis) ou Tarantino qui pille, euh… rend hommage à un genre du cinéma d’exploitation (re-bis).

Et le Lars a fait fort. Rue 89 se fend pour l’occasion d’une critique alors que le site se contente d’habitude de compiler des réactions de spectateurs (ah, c’est cool d’être journaliste dans une démocratie participative) et liste les objets du scandale: “Un sexe d’homme écrasé par une bûche (aïe)”, “Une éjaculation de sang (ouille)” et “Un clitoris martyrisé au ciseau (Charlotte s’opère)”. C’est comme si Lars souhaitait avoir son dvd édité chez Haxan vidéo. La classe. Pour le reste, le journaliste de la rue invente un nouveau genre de film: “le film de genre n’importe quoi”. On salue la critique de fond.
Niveau critique basiquement hargneuse, le Figaro fait sa headline avec “puéril, prétentieux et grotesque” tandis que Le Point préfère parler de l’équilibre psychique du réalisateur. Les Inrocks ont tellement détesté le film qu’ils ont viré l’article le concernant de leur première page. Il s’appelait tout simplement: “L’insupportable Lars Von Trier“.

Le journaliste de Chronicart, n’ayant pas pu voir le film, fait un peu de gonzo sur les difficultés du journalistes indépendants et tout le blabla habituel tout en confiant finalement que 3/4 d’heure d’attente pour ce film c’est “masochiste de toute façon, vu l’absence totale d’intérêt que je porte à ce charlatan”.
Dans le genre “envie de se démarquer” jusqu’au boutiste, Dvdrama accorde un 10/10. Tout simplement. Romain Le Vern a quand même le mérite de ne pas s’arréter à la violence du film, un aspect qui en aura offusqué et arrété plus d’un dans son analyse. Et oui, être critique ciné, c’est aussi parfois être dérangé par un film entre deux pince-fesses et soirées networking sponso par les studios….
Au final, pour des avis un peu moins énervés, Télérama et Le Monde sont pas mal. Ou alors Libération, qui salue au moins la prestation de Charlotte Gainsbourg, l’actrice sortant pour une fois de sa case “potiche pour bobo”.
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