J’ai revu récemment “l’Echelle de Jacob” d’Adrian Lyne. Un véritable voyage en enfer entre rêve, cauchemar et réalité vécu par un vétéran du Vietnam incarné par Tim Robbins. Revoir ce film aujourd’hui c’est aussi constater son impact sur le genre horrifique quelqu’en soit le médium.
“L’Echelle de Jacob” fut apparemment inspiré par “Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek“, nouvelle écrite par Amber Pierce mais semble avoir été, à son tour, d’une influence certaine sur le genre fantastique.
Le thème du film en lui même: une rêverie entre vie et mort, hantée par quelques démons et souvenirs guerriers. Les traumas vécus par le personnages principales s’incarnent alors en figure cauchemardesque. Ce principe de matérialisation monstrueuse du refoulé ainsi qu’une séquence traversant un hôpital cauchemardesque semble poser les bases de “Silent Hills“, série culte de jeux-vidéos horrifiques. Même le “docteur aveugle” du film semble avoir engendré les fameuses infirmières défigurées du jeu-vidéo. Ces personnages de mort-vivants errant entre plusieurs réalités et le glissement du réel dans l’absurde semblent aussi typiques de certains film de David Lynch, que ce soit pour l’histoire même de Twin Peaks - la peur de la banalité du mal pousse le récit à passer tour à tour de la conspiration au fantastique en finissant sur les extra-terrestres - ou pour les dérives du personnage principal et dual de “Lost Highways“.
Le cinéma de Richard Kelly semble aussi avoir été durablement marqué par ce film: “Donnie Darko” n’est-il pas lui aussi un outsider dérivant entre la vie et la mort? Ne pourrait-on pas interpréter la partie paranoïaque et conspirationiste de “The Box” comme la tentative pour un enfant de rendre un peu plus soutenable la perte d’un parent, cela en lui donnant une raison, même si toute droit sortie d’un comics de SF? Ceci pourrait alors expliquer les plans présentant l’enfant en train de s’endormir peu avant que Cameron Diaz n’appuie sur le bouton ou bien pourquoi chaque plan le mettant en scène le présente comme rejeté par ses parents, placé hors du récit, position dans laquelle il ne peut plus qu’imaginer ce qui se trame.
Les deux extraits suivant sont assez représentatifs du reste du film…



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