Pour Halloween, s’organisait une première nuit zombie au Nouveau Latina avec notamment la projection du film « Zombieland » (« Bienvenue à Zombieland » chez nous) en avant-première.
Il est minuit moins le quart et déjà une petite foule squatte devant le Nouveau Latina, petit cinéma d’art et d’essai situé vers l’Hôtel de Ville. Quelques zombies échappés d’une parade organisée cette après midi se masse devant la caisse, certains ayant bénéficié des talents d’une maquilleuses plutôt habiles en relooking de mort-vivant. Une fois dans la salle, l’ambiance est décontractée et l’un des organisateurs, survolté, chauffe la salle.
Après deux fausses BA hilarantes suivi de la BA originale de « Flic ou Zombie » (« il faut choisir » nous dit la voix off au milieu de punchlines bien kitsch) et celle de « La Horde », commence « Zombieland » de Ruben Fleischer, récent carton inattendu du box-office US.
Zombieland, la review
Comme son titre l’indique, ce n’est pas le monde des humains qui sert de décor à « Zombieland » et le concept de revenants cannibales est ici connu et accepté par tout ce qui reste d’une humanité dépossédée de son territoire. Les personnages survivent dans ce monde depuis quelques temps et le film s’éloigne donc de l’axe trop exploité du réaction/adaptation au phénomène zombiesque. Une autre qualité de taille et conséquence de ce postulat de départ est le refus de tomber dans l’hommage facile et l’utilisation de clichés surexploités tel que « le huit-clos dans une maison assiégée », « la scène de l’exécution du pote contaminée » ou bien « la morsure que l’on dissimule au reste du groupe ». S’amusant parfois de ces passages obligés du genre - les deux sœurs s’en servant d’ailleurs pour arriver à leurs fins - « Zombieland » propose véritablement quelque chose de neuf.
Après un magnifique générique enchainant des scènes d’attaques au ralenti sur le « For Whom The Bel Tolls » de Metallica, le film démarre sur un jeune adulte énumérant quelques-unes des règles de survies dans « Zombieland ». Des règles illustrées par de courtes séquences comiques dans un style décalé et astucieux rappelant « Fight Club ». « Zombieland » emprunte son cadre au genre du « film de zombies » mais se déroule comme un teen-movie et suit le jeune geek dans un périple initiatique qui débouchera sur une amitié entre des personnages très caractérisés. A chacun, au début du métrage, sa quête : les deux sœurs veulent oublier le contexte apocalyptique en passant une soirée dans un parc d’attraction, le dur-à-cuir cherche le dernier Twinkie de l’humanité tandis que le geek cherche à rejoindre sa famille ou, tout du moins, le contact d’autres humains. La vraie trame du film suit alors la recréation progressive d’une famille, du moins d’un lien humain, dans une situation apocalyptique qui appelle plus facilement le repli individualiste. La peur de la perte alors que l’on a déjà tout perdu. Avec sa galerie d’outsiders et leurs difficultés à vivre en groupe, le film se pose un peu dans la veine des films de Judd Apatow et des comédies indie sortie récemment. On retrouve par exemple au casting Jesse Eisenberg, ici figure de geek intello sentimental et quasi réplique de son personnage dans le bouleversant « Adventureland », ainsi que la révélation de « Little Miss Sunshine », la jeune Abigail Breslin.
Avec un humour omniprésent et qui culmine avec l’apparition hilarante de Bill Murray dans son propre rôle - quasiment un adoubement – « Zombieland » n’effraie pas mais enchaine des séquences de fuites et d’attaques jouissives tant pour les fans du genre que pour les non-initiés.
Et il faudrait aussi revenir sur la prestation de Woody Harrelson tant il crève l’écran dans cette défroque de Redneck bourrin adepte du Zombicide et fan de « Ghostbuster ». Un personnage bien écrit - malgré une dimension tragique amenée un peu maladroitement – et immédiatement charismatique.
Zombieland est donc une très bonne surprise. «Un « Shawn of the Dead » débarrasé de tout référentiel et d’adressant à un public plus large que celui des seuls fans de « films de genre ».




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