Avec ses références à quelques pointures du cinéma transgressif, ce « Born from Pain » s’impose comme une grosse claque. Un moyen-métrage véritablement barré pour les amateurs de sensations fortes.
Ne vous attardez pas sur le visuel du Dvd. Sous sa pochette évoquant franchouillerie punk et noirceur émo, le duo de réalisateurs met en scène un univers régi par la vision extrémiste d’une prostituée rescapée d’un massacre familiale et cloîtrant son enfant dans une salle où la télévision constitue l’unique ouverture sur l’extérieur.
Liquidons en quelques lignes les références inévitables. Pèle mêle on pourrait penser à « Orange Mécanique » pour la musique, Gaspard Noé pour le jusqu’au-boutisme et l’urbanisme crasseux, une séquence repique aussi au « Vidéodrome » de Cronenberg, le noir et blanc cafardeux pourrait également faire penser au « Tetsuo » de Tsukamoto… mais, loin de l’hommage copier-coller, le duo de réalisateurs s’approprie ces quelques codes du cinéma transgressif pour mieux choquer sur un terrain à priori connu de l’amateur de violence aseptisée.
Ce métrage suinte par tous les pores, accumulant les détails glauques couplés à un jusqu’au-boutisme graphique inédit aujourd’hui, cela sans cantonner le style au vain exercice de provoc’ facile et de trash artificiel, domaine réservé aux auto-satisfaits de l’underground vidéo. Alex & Niko dépassent donc cette superficialité redoutée par des images aussi rebutantes qu’hypnotisantes, jouant avec nos aversions et la peur de leur réalisation à l’écran. On se souviendra ainsi de cette séquence jouant avec nos craintes quant à l’usage final d’un bol. La mise en scène écrase les personnages, les filmant de haut telle une caméra de surveillance ou les confinant dans des cadres plus que restreints. Les incursions surréalistes, le passage “à travers le miroir” et l’apparition fugace du réel pourront peut-être donner les clefs d’un univers probablement entièrement contenu par le trauma initial du personnage maternel. La libération attendue et cette renaissance déroutante, portée par une interprétation habitée de « l’enfant », resteront sûrement gravées pendant quelques temps dans l’esprit du spectateur bien malmené jusque là.
On est donc impatient de retrouver le duo aux commandes de leur premier long-métrage actuellement en financement et avec Vincent Gallo et Mylène Jampanoi (”Martyrs”) au casting.
Tu peux acheter le dvd “Born from Pain” (avec un autre court en bonus) en ligne , au Virgin ou a la Fnac.


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