17
fév
10

[critique] La Horde - Yannick Dahan peut-il faire du mauvais genre?

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Parce que Yannick Dahan se trouve être un personnage médiatique  fervent défenseur du cinéma de genre, est-il par extension la personne idéale pour réaliser un film à la hauteur de ses références?


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L’histoire: 3 flics et 3 gangsters doivent s’unir pour sortir vivants d’un HLM infesté de zombies.

Critique

La Horde” peut-être vu comme un gros divertissement gore qui remplit son contrat et son quota de scènes sanglantes impliquant zombies qui sprintent, policiers vengeurs et gangstas surarmés de tout poil.  Conscient du genre de film qu’est “La Horde“, le spectateur pourrait arriver à passer outre le comique involontaire de certains dialogues formulés avec peu de conviction et par des acteurs en roue libre, une histoire de rythme peut-être. Ou ne pas être tellement gêné par cette sensation récurrente lors du ventre mou de “La Horde” d’être pris dans un “film de couloir” suivant la lente progressions des personnages dans un décor restreint par des contraintes budgétaires. On pourrait même passer à côté du caricatural choc des générations mené ici par un vétéran de la guerre d’Indochine, jurant “à tire larigot” comme dans un Audiard, et un gangsta noir branché “hardcore” et répliques de banlieue version Luc Besson. Et puis, tant qu’on y est, accepter qu’aucun survivant au bout d’une heure de métrage  n’ait encore compris le concept de “headshot” pour se débarrasser une bonne fois pour toute d’un zombie un peu trop collant, nos survivants préférant continuer à vider chargeur sur chargeur sur chaque mort-vivant rencontré.

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La crise du logement dans “La Horde”

Mais pourquoi alors introduire dans ce contexte bourrin et accepté comme tel des bribes de discours sociopolitisant sur les cités, le rôle de la police, ou la société en général? En tentant de s’inscrire dans le cliché du genre, à savoir “la dimension politique du zombie“, le “zombie=prolétariat“, le film lache le spectateur par un changement de registre complétement artificiel. Cette scène se déroulant dans la cuisine du vieux et où le flic se voit sermonné sur sa mission de sécurisation des cités est aussi pathétique qu’elle tire en longueur. Les scénaristes donne juste au film un peu de lourdeur explicative digne d’une saillie de commentaires sur Rue 89.

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Évidemment, le quota féminin a été shooté à le testostérone

Une autre scène qui peut susciter l’incompréhension quant à la démarche montre trois survivants arrivant à maitriser une femme zombifiée. S’ensuit cinq minutes où les compères la maintiennent au sol, l’obligeant à embrasser une tête décapitée, trouvant le jeu super marrant et échangeant regards complices et répliques grivoises. Filmée comme le serait une tournante dans un “rape and revenge” et durant plus qu’il ne faut, cette séquence semble avoir été écrite dans l’optique de créer un malaise, du type “l’humanité ne mérite pas d’être sauvée”, “on ne vaut pas mieux qu’eux” ou autre rhétorique usée jusqu’à la moelle, et qui arrive comme un cheveux gras sur la soupe, suscitant plutôt une gène vis-à-vis de ce dysfonctionnement du film qu’une quelconque implication émotionnelle du spectateur.

Mais, malgré cela, “La Horde‘ s’en sort plutôt pas mal sur le reste et compte-tenu de son budget réduit, cela surtout grâce à ses scènes d’attaques, nombreuses, variées, généreuses en effets sanglants et évitant l’illisibilité de la shaky-cam pour permettre même à l’acteur Jo Pestia, incarnant ici “le gitan”, de nous rappeler son statut d’ex champion de boxe thaï à coup de poings et de genoux sur deux pauvres ghoules qui passaient par là. La direction artistique, soignée, donne aussi du cachet à l’ensemble. Le décor d’HLM déliquescent est bien incarné à l’écran et offre un cadre original pour le genre.

Avec un poil de recul sur les références (et notamment la dimension politique du genre), une vrai direction d’acteur - cela même s’ils incarnent des archétypes -  et un peu plus de retenue dans le comique involontaire des dialogues, Yannick Dahan et Benjamin Rocher auraient pu relever un peu plus le défi du film de genre français à petit budget et livrer le parfait film pour soirée pizza-film d’horreur entre potes.


1 Réponse à “[critique] La Horde - Yannick Dahan peut-il faire du mauvais genre?”


  1. 1 imax mai 4th, 2010 à 18:05

    mercii pour l’interview ^^ , l’accéptation de la horde à bientot de sortie …

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