Joel Schumacher, le réalisateur qui a transformé Batman en grosse drag queen dans “Batman & Robin”, a pourtant réalisé avec “Town Creek”, ou “Blood Creek”, un petit film d’horreur parfait pour égayer une soirée DVD.
Halloween (78), Vendredi 13 (80) et même le premier slasher officiel qui serait “Black Christmas” (74)… “Torso” de Sergio Martino pourrait presque prétendre à la paternité de tout ces films.
Encore seulement disponible en DVD aux USA, “Carriers” est un thriller réussi et original à découvrir, on l’espère, très bientôt dans les bacs français.
Parce que Yannick Dahan se trouve être un personnage médiatique fervent défenseur du cinéma de genre, est-il par extension la personne idéale pour réaliser un film à la hauteur de ses références?
Avec ses références à quelques pointures du cinéma transgressif, ce « Born from Pain » s’impose comme une grosse claque. Un moyen-métrage véritablement barré pour les amateurs de sensations fortes.
“The Dead” met en scène une invasion zombie sur des terres encore peu exploitées par le cinéma de genre: le continent Africain.
Réalisé par Howard et Jonathan Ford, cette production british met en scène deux militaires obligés de faire équipe pour espérer survivre à la zombification progressive de tout le pays. Point de zombies sprinteurs ou de second degré dans ce trailer, le film semble suivre les traces des vieux Romero ou Fulci.
Sur le canevas assez étriqué du film “d’enfant diabolique”, Jaume Collet-Serra livre une œuvre déviante où la direction artistique classieuse contraste avec quelques séquences sombres et malsaines. L’orpheline n’épargnera personne!
Le pitch
Un couple fragilisé par la mort d’un enfant adopte Esther, jeune orpheline originaire de Russie. Malgré les réticences du fils ainé face à cette nouvelle arrivante, de surcroit habillée comme au siècle dernier, Esther semble s’intégrer à la famille et, apparemment touché par sa surdité, noue une relation forte avec la petite soeur. Mais après avoir rapidement saisi les blessures secrètes fragilisant cette famille, Esther entame un jeu pervers de manipulations et d’oppression, n’hésitant pas à recourir à la violence la plus brutale dès lors que sa véritable identité s’apprête à être révélée lors d’un twist bien barge.
Verdict
Un film outrepassant allégrement plusieurs tabous sur l’enfance, qu’ils soient liés au sexe, la vieillesse ou à la mort, et s’achevant sur un dernier tiers en forme de thriller hyper-tendu. Rien que pour cela ainsi que la jolie mise en image générale - l’effet “campagne sous la neige” marche toujours - allez voir “Esther”, l’anti-film de Noël…
The Box, film tant attendu après l’expérience bordélique que fut Southland Tales est une énorme déception.
Critique:
Un couple fauché (Cameron Diaz et James Mardsen, tous deux excellents) se voit proposer un marché par un vieil homme sorti de nulle-part et muni d’une étrange boite surmontée d’un bouton rouge (vu de haut, c’est le HAL 9000 de Kubrick). Choix 1: appuyer sur un bouton, récolter 1 million de dollars mais provoquer la mort d’une personne inconnue. Choix 2: Ne pas appuyer sur le bouton…
On attendait un Richard Kelly un peu calmé sur ses délires plus grands que lui. Moins poseur dans son statut de génie incompris. Après une mise en place classique qui nous fait espérer pendant vingt minutes un thriller paranoïaque bénéficiant d’une réalisation d’orfèvre, le film part évidemment en oblique totale de cette introduction, se vrillant entre deux citations de Sartre et un mystérieux complot entourant la mission Viking sur Mars, accumulant les scènes plus ridicules qu’inquiétantes - et pourtant c’est peu dire que je suis fan des “Twilight Zone“, “Invasion des profanateurs” et autres métrages paranoiaques des seventies - pour se conclure sur un climax complétement gratuit, histoire de servir un peu de soupe émotionnelle au spectateur. Richard Kelly ressort pour le coup ses CGI “effets aquatiques en apesanteur” déjà présents dans Donie Darko et sorti d’un Abyss, convoque l’au-delà, le mythique - la femme et la boite de Pandore, très nouveau millénaire comme thématique - et les conspirations extraterrestres sans évidemment jamais pousser un peu plus loin que la simple évocation frustrante.
Et pourtant cette idée de test, de mettre littéralement le sort du monde entre les mains d’un couple sans histoire et ignorant la portée de leur décision, était simpliste mais belle… Mais comme cela fut le cas pour la série “X Files“: la vérité est définitivement nulle-part chez Richard Kelly.
Pour Halloween, s’organisait une première nuit zombie au Nouveau Latina avec notamment la projection du film « Zombieland » (« Bienvenue à Zombieland » chez nous) en avant-première.
Il est minuit moins le quart et déjà une petite foule squatte devant le Nouveau Latina, petit cinéma d’art et d’essai situé vers l’Hôtel de Ville. Quelques zombies échappés d’une parade organisée cette après midi se masse devant la caisse, certains ayant bénéficié des talents d’une maquilleuses plutôt habiles en relooking de mort-vivant. Une fois dans la salle, l’ambiance est décontractée et l’un des organisateurs, survolté, chauffe la salle.
Après deux fausses BA hilarantes suivi de la BA originale de « Flic ou Zombie » (« il faut choisir » nous dit la voix off au milieu de punchlines bien kitsch) et celle de « La Horde », commence « Zombieland » de Ruben Fleischer, récent carton inattendu du box-office US.
Zombieland, la review
Comme son titre l’indique, ce n’est pas le monde des humains qui sert de décor à « Zombieland » et le concept de revenants cannibales est ici connu et accepté par tout ce qui reste d’une humanité dépossédée de son territoire. Les personnages survivent dans ce monde depuis quelques temps et le film s’éloigne donc de l’axe trop exploité du réaction/adaptation au phénomène zombiesque. Une autre qualité de taille et conséquence de ce postulat de départ est le refus de tomber dans l’hommage facile et l’utilisation de clichés surexploités tel que « le huit-clos dans une maison assiégée », « la scène de l’exécution du pote contaminée » ou bien « la morsure que l’on dissimule au reste du groupe ». S’amusant parfois de ces passages obligés du genre - les deux sœurs s’en servant d’ailleurs pour arriver à leurs fins - « Zombieland » propose véritablement quelque chose de neuf.
Après un magnifique générique enchainantdes scènes d’attaques au ralenti sur le « For Whom The Bel Tolls » de Metallica, le film démarre sur un jeune adulte énumérant quelques-unes des règles de survies dans « Zombieland ». Des règles illustrées par de courtes séquences comiques dans un style décalé et astucieux rappelant « Fight Club ». « Zombieland » emprunte son cadre au genre du « film de zombies » mais se déroule comme un teen-movie et suit le jeune geek dans un périple initiatique qui débouchera sur une amitié entre des personnages très caractérisés. A chacun, au début du métrage, sa quête : les deux sœurs veulent oublier le contexte apocalyptique en passant une soirée dans un parc d’attraction, le dur-à-cuir cherche le dernier Twinkie de l’humanité tandis que le geek cherche à rejoindre sa famille ou, tout du moins, le contact d’autres humains. La vraie trame du film suit alors la recréation progressive d’une famille, du moins d’un lien humain, dans une situation apocalyptique qui appelle plus facilement le repli individualiste. La peur de la perte alors que l’on a déjà tout perdu. Avec sa galerie d’outsiders et leurs difficultés à vivre en groupe, le film se pose un peu dans la veine des films de Judd Apatow et des comédies indie sortie récemment. On retrouve par exemple au casting Jesse Eisenberg, ici figure de geek intello sentimental et quasi réplique de son personnage dans le bouleversant « Adventureland », ainsi que la révélation de « Little Miss Sunshine », la jeune Abigail Breslin.
Avec un humour omniprésent et qui culmine avec l’apparition hilarante de Bill Murray dans son propre rôle - quasiment un adoubement – « Zombieland » n’effraie pas mais enchaine des séquences de fuites et d’attaques jouissives tant pour les fans du genre que pour les non-initiés.
Et il faudrait aussi revenir sur la prestation de Woody Harrelson tant il crève l’écran dans cette défroque de Redneck bourrin adepte du Zombicide et fan de « Ghostbuster ». Un personnage bien écrit - malgré une dimension tragique amenée un peu maladroitement – et immédiatement charismatique.
Zombieland est donc une très bonne surprise. «Un « Shawn of the Dead » débarrasé de tout référentiel et d’adressant à un public plus large que celui des seuls fans de « films de genre ».
Rovdyr/ManHunt/Chasse à l’homme - 2008 - Réal : Patrik Syversen
L’histoire
Dans la Norvège des années 70’s, quelques bouseux décidèrent de mettre un terme au fléau hippie en organisant des chasses à coures forestières. Les victimes étaient des jeunes hommes barbus et des filles en minishort trop short. Quand le son du Cor résonne, tu as intérêt à courir vite !
Les personnages
La Norvège semble ici bien représentée selon l’imaginaire masculin moyen : deux filles canons, le charme des 70 en bonus, et deux mecs qui ne ressemblent à rien, gueule de nerds mal rasés et un brin machiste. Ces djeuns se baladent donc en van rouge au beau milieu de la campagne et on ne saura rien de leur destination…
Les bad guys ne ressemblent pas à grand-chose à part à des chasseurs muets qui auraient oublié le concept de douche. Au lieu de parler, ce gang a préféré plus de poésie en imitant les oiseaux. Et en bons joueurs, ils s’amuseront à disperser le groupe dans une forêt tapissé de pièges en tout genre.
La référence : Le remake de Massacre à la Tronçonneuse
Une référence assez évidente tant par l’ambiance seventies et ces jeunes gens en trip estival, le personnage de l’autostoppeuse apparemment rescapée ou l’utilisation un peu trop phallique d’un fusil tel Leatherface dans « Massacre à la Tronçonneuse 2 ». Pour le reste, Rovdyr ne propose rien de nouveau et reste sur les sentiers battus par une centaine de films depuis « Délivrance ».
Le gore
A part une première scène assez gratinée, le film évite la surenchère gore même si les scènes de violence sont nombreuses et variées. Les chasseurs sont sans pitié et utilisent fusils, armes blanches et pièges à loup pour mener à bien leur trip.
Le bien
Pas de temps mort - heureusement d’ailleurs pour un film qui dure 1h10 - et les deux derniers tiers passent d’une traite.
La réalisation alterne scope classe sur plans serrés sur les victimes, accentuant l’effet d’écrasement des proies par la nature sauvage et omniprésente. L’étalonnage de l’image un peu too much au début s’accorde bien avec l’ambiance et l’urgence de la suite.
Le passage de la victime qui se fait meurtrière est un peu plus crédible que dans les autres films du genre. Mention bien pour l’interprétation, les acteurs se sont visiblement réellement investis dans leurs rôles.
Le moins bien
Si tu a vu plus d’une vingtaine de survivals ou slashers dans ta vie, tu n’iras pas voir ce film pour être surpris par quelques originalités du scénario.
Tu es en pleine campagne, ta copine s’est faite mordre par un mec bizarre, les habitants ont l’air chelou et tu transporte une autostoppeuse qui semble rescapée d’une loge de l’enfer, qu’est-ce que tu fais ? Tu balances les clés de la voiture dans la nature juste pour faire chier le copain de ta meilleure amie alors qu’un véhicule menaçant s’est arrêté 50 métres devant. C’est ça le début de Rovdyr et ça craint quand même un peu.
Le look « total gros beauf gras du bide » des chasseurs rend un peu moins crédible leur aptitude à chasser et se mouvoir comme de jeunes Predators.
Lazy verdict
Malgré un scénario sans surprise, Rovdyr reste un bon survival forestier à la réalisation bien pensée et mené à un rythme frénétique.
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